Etape 1 : Analyse du sujet
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Etudiant
L’étudiant
analyse les termes du sujet et vous demande des précisions quant au nombre de
pages, la taille des caractères et le nombre de références bibliographiques
requises.
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Enseignant
Préciser
votre projet pédagogique. Pourquoi demandez-vous un travail écrit au lieu
d’un examen ? Quelles sont les qualités cognitives que vous souhaitez
voir développées ? Quelles sont les aptitudes que l’étudiant doit mettre
en exergue ? etc.
Si
vous ne le faites pas, l’étudiant comprendra que vous allez lire superficiellement
son travail, donc qu’il pourra, au besoin, tricher.
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Etape 2 : Wikipedia
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Etudiant
L’étudiant
décompose son sujet en mots clés. Le passage obligé de l’étudiant est
de lire, voire recopier, tous textes de Wikipedia
relatifs à ces mots clés.
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Enseignant
Lisez
avec attention toutes les pages de Wikipedia qui se réfèrent aux concepts de
votre cours. D’une part, cela vous permet d’en parler en cours avec vos
étudiants et d’autre part, cela peut vous donner envie d’enrichir Wikipedia
de vos connaissances.
Si vous ne le faites pas, l’étudiant, qui a oublié votre cours, prendra
pour vérité absolue et sacrée Wikipedia sans comprendre que cette encyclopédie
est faite par des gens comme vous et moi.
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Etape 3 : La consultation des mémoires et thèses
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Etudiant
L’étudiant commence toujours par vérifier s’il existe
des mémoires ou thèses déjà produits par des étudiants afin de s’en inspirer.
Par
chance pour lui, de nombreuses universités mettent ces documents en ligne et
le choix des sujets finissant par être limité, la pêche est rarement
bredouille. La lecture rapide de ces travaux lui permet d’établir sa table
des matières.
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Enseignant
Annoncez
clairement à vos étudiants que vous utilisez un logiciel
de détecteur de plagiat. Sinon, avouez que c’est vraiment tenter le
diable que de proposer des sujets similaires à ceux de vos collègues d’autres
universités. Et d’ailleurs, pourquoi seraient-ils différents, ces sujets,
si vous enseignez la même matière ?
Si
vous n’utilisez pas de logiciel de détection de plagiat, il vous faudra
lire avec une mentalité de douanier les travaux de vos étudiants. C’est
fastidieux et attristant.
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Etape 4 : Le prêt-à-déposer
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Etudiant
Si
l’étudiant porte un certain intérêt à votre matière, il passera directement à
l’étape 5
Si l’étudiant
n’a aucun intérêt dans votre matière, il pourra soit acheter un travail
tout fait à un des sites
les plus connus, soit payer des spécialistes afin qu’on lui fasse
son travail.
Dans ces
deux modèles économiques, il lui sera garanti que les travaux ne sont pas
plagiés, donc qu’il ne risque rien.
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Enseignant
Si vous
avez la chance d’avoir de bons assistants, ou si vous-même avez le temps de
recevoir en privé les étudiants en cours de travail, alors modifiez autant
que possible leur table des matières et introduisez de nouvelles exigences.
Si vous ne
pouvez pas accompagner les étudiants pendant leur réalisation de ces travaux,
alors revenez à une évaluation des connaissances de type examen sans
documents.
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Etape 5 : Le garnissage de la table des matières
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Etudiant
L’étudiant
va naviguer en toute liberté sur la toile en copiant ci et là des paragraphes
qui lui servent à garnir sa table des manières.
Peu à peu
le nombre de pages augmente jusqu’à atteindre 10 à 20 % de plus que le nombre
de pages visées. A ce stade, le jeu de Lego est terminé et le gros de la
construction achevée.
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Enseignant
A ce
stade vous ne pouvez guère intervenir, si ce n’est en proposant un modèle
de création par schéma heuristique à l’aide d’un logiciel de type « Mind-manager ».
Mais ceci implique que vous ayez consacré une séance de cours à faire
découvrir à vos étudiants la manière d’élaborer une connaissance sur la
base de concepts connectés. De tels schémas heuristiques reproduisent
exactement le système en réseau des concepts de la toile.
Si
vous n’avez pas peur, inspirez-vous de la
proposition d’un collègue pour apprendre aux étudiants ce qu’est une
source valide et une proposition fiable. Rendez-les critiques face au
Web.
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Etape 6 : La bibliothèque
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Etudiant
La
bibliothèque, c’est avant tout un endroit au chaud où l’on peut naviguer
tranquillement sur la toile.
Si la
bibliothèque de votre établissement ne propose pas les sources documentaires
et les revues en ligne, il y a bien peu de chances que l’étudiant prenne la
peine de lire les originaux des articles qu’il citera. Il y a tellement de
documents sur le web qui se terminent par des bibliographies qu’il suffit de
copier-coller !
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Enseignant
Si vous
avez la chance d’avoir un bon service de bibliothèque, sans doute a-t-on
prévu des séances obligatoires de formation
des étudiants à la recherche documentaire à la consultation des revues
en ligne, à l’art de la citation ? Si un cours obligatoire de cette
nature n’existe pas encore, exigez-le.
Participez
au développement des bibliothèques de votre établissement pour aider leurs
responsables à muter, avec vous, vers ce siècle Web.
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Etape 7 : Le lifting
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Etudiant
Si
l’étudiant pense que son professeur lit méticuleusement les travaux il
passera directement à l’étape 8.
Mais, il
est possible à cette étape que l’étudiant soit presque certain que son
professeur ne fera pas de contrôle du plagiat.
Pourquoi,
dès lors réécrire des phrases si bien élaborées par d’autres ?
Dans ce
cas, il s’attachera à uniformiser la taille des caractères et la présentation
générale, il écrira des phrases de transition entre paragraphes, réécrira
quelques passages ne lui convenant pas. Il n’oubliera pas la page des
remerciements, le lisage de la bibliographie et rendra son travail, convaincu
d’avoir été un très bon synthétiseur.
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Enseignant
Annoncez clairement les différences entre plagiat, triche
et fraude. Rappeler nos valeurs de création et de diffusion
de connaissances afin d’affirmer l’égalité des
chances et le mérite individuel. Renforcer la croyance en son
instrument, la norme d’évaluation des
connaissances acquises, en insistant sur un traitement d’équité.
Dites
que vous êtes en mesure de conduire tout « plagieur » devant
la réglementation afin que la faute soit justement et sévèrement punie.
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Etape 8 : La personnalisation
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Etudiant
Si
l’étudiant pense que son professeur peut contrôler du plagiat, ou qu’il aime
faire un travail plus personnel, ou qu’il est trop fier pour copier, il
personnalisera son travail.
Il
s’attachera à réécrire les morceaux de textes qu’il a précédemment relevés.
Il chercher les articulations, et modifiera éventuellement son premier plan.
Son style sera, c’est évident, la langue du Web.
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Enseignant
Partez du principe que personne, avant vous, n’a expliqué
aux étudiants l’usage des quatre opérations de l’écriture : classer (préciser l’ordre et établir des
parallèles), opposer (pour contredire
ou rectifier une idée), lier (par des
causes ou par des conséquences), développer
(introduire, renchérir, atténuer, conclure).
Ecrivez
une note pédagogique de vos attentes en termes de style du travail. C’est
d’autant plus utile que vous avez des étudiants de multiples origines
culturelles ou disciplinaires.
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Etape
9 : L’esthétique du document
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Etudiant
Depuis
un certain temps déjà, la forme compte beaucoup plus que le fond, la marque
plus que le produit. L’étudiant conçoit un beau travail comme un texte
dont le design implique des paragraphes qui ont la même taille. Et cette
taille c’est exactement celle d’une page-écran, soit 12 à 15 cm de hauteur.
Il va
donc couper les paragraphes trop longs et délayer ceux qui lui semblent trop
brefs pour obtenir un « document zen ».
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Enseignant
Annoncez clairement qu’il convient de distinguer, dans le
travail, l’important de l’accessoire afin de leur accorder un espace
différent. Rappelez que la forme est au service du fond, simple média
relationnel entre l’étudiant et le professeur.
Habituez-vous
au format taille écran en lisant de plus en plus de textes possibles sur
votre PC. Écologiquement, c’est utile puisque cela évite le gâchis de
papier des travaux à peine notés aussitôt jetés.
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Etape
10 : La remise du travail
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Etudiant
Si possible, l’étudiant remettra son travail sous forme
papier, car il sait bien qu’un document rendu électroniquement peut être
contrôlé.
Or, il est quasiment impossible que le document final soit
vierge de tout plagiat, étant donné le mode de réalisation de l’ouvrage.
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Enseignant
N’oubliez pas que les étudiants ont droit à un feed-back
de leur travail. C’est ce qui leur fait comprendre que l’exercice pédagogique
n’est pas de leur mettre une note de réussite ou échec, mais bien de les
former au plan cognitif. Et les étudiants se parlent entre eux, d’un cours à
l’autre…
Exigez
le travail sous forme électronique. D'une part, vous pourrez contrôler
le plagiat et, d’autre part, vous pourrez écrire vos commentaires directement
sur le texte.
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