6. Outils de détection des similarités et leur intégration à l’université

L’idée de créer des logiciels de détection de plagiat n’est pas récente. En effet, dans les années 1970-1980 des professeurs d’informatique avaient déjà développé des logiciels sophistiqués pour tenter de détecter le plagiat dans les travaux de programmation que devaient rendre les étudiants (1, 2). Les premiers documents électroniques considérés étaient donc des programmes informatiques écrits dans une langue artificielle (FORTRAN, Pascal, etc.). La généralisation de l’usage du traitement de texte, dans les années 1980-1990 suscita la création de logiciels de comparaison et de détection prenant en compte les langues naturelles. On réutilisa pour cela les techniques et modèles développés dès les années 1960 par G. Salton pour la recherche d’informations et on créa également de nouvelles techniques et mesures de similarité et de classement de documents (3, 4).

Avec l’arrivée de l’Internet puis du WorldWideWeb le problème prend une tout autre dimension car on doit passer de la détection locale (copie entre étudiants, récupération de travaux des années précédentes, etc.) à une détection globale sur le Web et ses milliards de documents. Il a fallu adapter les techniques de détection à cette problématique de masse (5).

La question s’est donc posée rapidement pour nombre de créateurs de savoir comment se servir de la mutation des pratiques qu’allait entraîner la révolution vécue à un niveau individuel et des profits économiques qui étaient envisageables. Ainsi a-t-on vu se développer, d’une part, des propositions visant à détecter la fraude de l’écrit et, d’autre part, des sites offrant des documents que l’on pouvait acheter et faire passer pour siens en toute quiétude. Les deux faces inévitables de la même réalité continuent aujourd’hui à se sophistiquer en parallèle et cela continuera dans le futur. Ajoutons que l’évolution est rapide et que chaque année de nouvelles sophistications autant des modes de contrôle de l’éthique que des modes de «déconduite» émergent, car leur relation dialectique stimule les créateurs d’un côté comme de l’autre.

Il serait donc vain de chercher une solution miracle qui, implantée à une année donnée, libérerait les acteurs universitaires de tout souci. Ici, comme dans les chapitres qui précèdent, il nous faut intégrer le concept de logiciel de détection des similitudes dans une pensée plus globale et évolutive.

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