Propositions de la Commission Ethique-Plagiat
Nous reprenons ici les propositions qui se situent à la fin des six chapitres
du rapport.
1/ Technologies, mutation des connaissances et de l’apprentissage:
impact sur les métiers d’enseignant et d’étudiant.
Nous considérons:
- L’influence
des outils et des technologies sur l’ensemble des comportements humains,
les activités humaines, les relations sociales qui s’y nouent
et les productions qui sont issues de ces activités.
- La modification
des modes de production, de validation et de diffusion des connaissances
avec l’exacerbation des différences entre les savoirs scientifiques
et narratifs sous l’influence des nouvelles technologies, le Web et
Internet, et des usages qu’ils induisent chez les enseignants comme
chez les étudiants.
- Le développement
de pratiques de production de connaissances réseautées, collectives
et collaboratives.
- L’éclatement
des sphères spécialisées et légitimées
à produire information et connaissance.
- La surcharge
d’information, la difficulté à distinguer information
et connaissance et à identifier une information ou connaissance pertinente,
fiable et de qualité en regard avec les exigences du travail académique.
- L’obsolescence
des informations et des connaissances et l’immédiateté
induite par les possibilités de mise à jour de l’information
numérique.
- L’industrialisation
et la marchandisation de la formation, processus que le développement
technologique a grandement contribué à renforcer.
- Du côté
des étudiants, l’opposition entre mode de production non académique
(Web 2, blogue, pratiques digital natives, etc.) et productions académiques
évaluées sur un mode de l’apprentissage individuel.
- Du côté
des enseignants, la coexistence de la culture de chercheur d’«avec
le Web» et de celle d’enseignant d’«avant le Web».
2/ Les comportements et les compétences des étudiant-es.
Nous recommandons:
- De distribuer
le présent rapport à tous les professeurs, membres du corps
intermédiaire et services d’appui à la pédagogie
afin que chacun prenne conscience de la nature et de l’ampleur du
phénomène.
- D’admettre
que le temps consacré par les étudiants à leurs études
tend à diminuer et de définir une position claire à
ce sujet tout en vérifiant que, au cours d’un même semestre,
les étudiants d’un programme aient un nombre raisonnable de
travaux personnels à rendre.
- De renforcer
le rôle des assistants comme de véritables intervenants dans
l’apprentissage de «méthodes de travail rigoureuses».
- D’introduire
une solide formation au développement d’une e-culture et plus
particulièrement de «compétences informationnelles»,
compétences qui incluent l’art de la citation.
- De constituer
une banque de cas de plagiat collaborative et transfacultaire, afin que
chacun puisse avoir une référence commune.
- D’éditer
un petit mémo simple à l’instar de celui sur la sécurité
ou les remboursements, à mettre dans toutes les mains lors du passage
aux secrétariats des études.
3/ La bibliothèque
de demain et l'apprentissage de «compétences informationnelles».
Nous recommandons:
- De mentionner
clairement la «compétence informationnelle» dans la stratégie
institutionnelle de l'Université de Genève.
- D’élaborer
un plan d'action transversal pour intégrer toutes les bibliothèques
de l’université dans le processus de formation (comité
de pilotage, groupes de travail, etc.).
- De définir
une politique institutionnelle comprenant des standards de base pour assurer
l'équité de formation pour tous les étudiants en la
matière.
- D’intégrer
dans le cursus académique cette formation aux «compétences
informationnelles» et de la valoriser en termes de crédits
ECTS.
- De former
tous les bibliothécaires-formateurs de l’université
aux moyens de répondre à la formation aux «compétences
informationnelles».
- D’élaborer
une enquête sur les «connaissances informationnelles»
des étudiants du 1er cycle afin de mesurer l'impact des formations
à la maîtrise de l'information et être en mesure de faire
évoluer la pratique.
- De prendre
une part active aux réseaux internationaux afin de contribuer à
la connaissance du plus grand nombre en matière de «compétence
informationnelle».
4/ La formation à la «compétence informationnelle».
Nous recommandons:
- D’introduire
un séminaire de formation aux «compétences informationnelles»
actuelles dans le cursus universitaire.
- D’impliquer
le programme coordonné de Formation à la recherche documentaire
et à l’utilisation de l’information scientifique (FORMDOC)
dans cette action, les bibliothécaires étant le relais transversal
de ces nouvelles «compétences informationnelles».
- D’adapter
le didacticiel CALIS (Computer-Assisted Learning for Information Searching)
aux besoins de chaque faculté en cours d’année 2008-2009,
en vue de rendre son utilisation générale à la rentrée
2009-2010.
- De prévoir
en début de seconde année pour les «bachelors»,
en début de «master» pour les étudiants qui viendraient
d’autres universités, un séminaire de deux jours de
formation aux «compétences informationnelles» et d’introduction
à la méthodologie de la communication.
- De s’assurer,
en matière de sensibilisation au plagiat, que les enseignants et
les assistants renforceront les messages véhiculés lors des
séminaires CALIS.
- De communiquer
entre facultés au cours de la mise en œuvre du projet CALIS,
afin d’adapter le didacticiel aux évolutions des comportements
d’apprentissage et des nouveaux besoins en matière de «compétences
informationnelles».
5/ Valeurs, normes et règles. Nous recommandons:
- De rappeler
nos valeurs de création et de diffusion des connaissances afin d’affirmer
l’égalité des chances et le mérite individuel.
- De renforcer
la croyance en la norme d’évaluation des connaissances acquises,
en insistant sur un traitement d’équité, et non sur
l’obéissance à une simple règle.
- De vérifier
que les règles définies et qui servent de prescription sont
bien en phase avec nos valeurs et nos normes actuelles, et non pas un héritage
d’anciens règlements plus ou moins remodelés pour s’adapter
aux pratiques.
- De constituer
un pôle de recherches multidisciplinaires avec des chercheurs de différentes
facultés intéressés à comprendre l’évolution
des concepts de valeurs, de normes, de coutumes, d’éthique.
- De qualifier
la faute et de savoir distinguer la copie de la triche, du plagiat et de
la fraude afin de pouvoir évaluer avec équité la faute
et de savoir la sanctionner justement.
- De susciter
une communication accrue entre les enseignants de l’université
à propos de leurs «best practices».
- De rendre
systématiques les déclarations signées par les étudiants
certifiant le caractère original des documents réalisés
et attestant du respect des règles concernant les citations d’autrui.
- De produire
un document didactique qui explique clairement la nature des fautes sanctionnées,
les procédures et les sanctions pouvant être émises.
- De préciser
dans ce document la qualification de la faute, en donnant des indications
pour en évaluer la gravité selon, d’une part la quantité
de matériel mis en cause et selon, d’autre part, son évaluation
subjective du fait que l’étudiant-e ait été ou
non de «bonne foi».
- De travailler,
au niveau du Rectorat, avec d’autres universités suisses et
européennes en vue de l’élaboration d’un label
commun garantissant l’existence de mesures de détection des
fraudes, à faire approuver par le Comité de l'enseignement
supérieur du Conseil de l'Europe.
6/ Outils de détection de similitudes et leur intégration
à l’université. Nous recommandons:
- De procéder
à l’évaluation et à l’achat d’un
(ou deux) logiciel(s) de détection.
- Cette tâche
devrait être confiée à un groupe composé de futurs
utilisateurs (essentiellement les bibliothèques, mais aussi des enseignants),
de spécialistes des interactions humain-machine (pour mettre sur
pied les tests d’utilisabilité du logiciel) et de spécialistes
de la Division informatique de l’université (pour les questions
techniques).
- De mettre
sur pied, dans au moins une faculté, un processus complet de détection
et de traitement du plagiat et de le tester pendant une période d’un
à deux semestres.
- De créer
et publier un modèle de système d’information pour le
traitement du plagiat à l’université (acteurs, données,
processus, interfaces, droits d’accès, etc.).
- Afin d’assurer
l’intégration dans le système d’information de
l’université, tout futur groupe d’étude s’intéressant
aux aspects informatiques de la problématique éthique-plagiat
devrait comprendre un représentant de la Division informatique de
l’université, si possible une personne proche du e-learning.
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