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Nos précédents courriers
Le flux de messages que, mois après mois, je reçois se transforme
en une recherche constructiviste induite de vos préoccupations.
Et le flux de retour que vous recevez via mes lettres, se sédimente
et prend racine ici et là, au niveau des lois, des règlements,
des volontés individuelles et des décisions collectives.
Puis, le flux se transforme en stock de connaissances commun sur le site.
Et ainsi de suite.
Nos précédents courriers :
Lettre 29 : 13.01.2010
Lettre 29
13.01. 2010
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Recevez mes vœux les plus cordiaux pour une année qui respecte pleinement votre état de chercheur et d’auteur.
Depuis bientôt six ans je reçois vos témoignages en matière de plagiat et de fraude et j’ai accompagné nombre d’entre vous dans les démarches pénibles à entreprendre pour faire reconnaître le préjudice subi.
Il est assez aisé de faire constater un problème d’intégrité scientifique si l’auteur indélicat est une personne étrangère à notre établissement, association scientifique ou pays, comme dans le cas «Un plagiat répétitif» reporté dans ce site. Mais, il est infiniment plus délicat de demander réparation quand l’auteur du délit est un pair ou un futur pair.
Aussi, vos besoins étant souvent similaires, j’ai le plaisir de vous offrir une boîte à outils pragmatiques et précis en guise d’étrennes de Nouvel An.
- Vous découvrirez tout d’abord un hyperlien vers un logiciel de détection de similarités. Il vous permettra de vérifier, par exemple, si un mémoire que vous corrigez ou un de vos articles implique du plagiat. Il vous suffit de suivre les instructions pour comparer ce texte à d’autres documents que vous soumettrez, mais aussi à tous ceux publiés sur le Web.
- J’ai capitalisé en 14 étapes un vade-mecum du plagié. Ses conseils vont de « Comment établir la preuve ?» à « Quelle vie après un plagiat ? ». Si je vous y semble d’un réalisme parfois impertinent à l’égard de notre petit monde académique, n’y voyez que le signe d’une grande affection à son égard. D’ailleurs, je vous invite à compléter mes propositions en ajoutant des commentaires issus de votre propre expérience.
- Une note de service «Attention plagiat !» élaborée par Françoise Havelange, Conseillère juridique en propriété intellectuelle à la FUNDP (Namur – Belgique) devrait nous permettre d’agir en amont du phénomène. Vous trouverez là une définition précise du plagiat et des situations à risque en la matière.
- Les directives intégrité de la Fondation Nationale pour la Recherche Scientifique (FNRS) suisse nomment avec précision les fautes en matière de publication. Ces directives définissent on ne peut plus clairement les démarches à entreprendre. Je ne regrette que l’absence d’exemples de sanctions prononcées pour illustrer la démarche. Un jour, peut-être…
Un tout grand merci pour vos contributions régulières à notre travail collaboratif via le site «Responsable».
Vous êtes nombreux à demander comment faire circuler nos lettres ou comment inscrire des collègues. Il vous suffit d’utiliser le lien d’inscription du site.
Bien cordialement
Michelle Bergadaà
Professeur de communication et de marketing
Directrice de l'OVSM
Faculté des SES, Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre, il vous suffit de nous adresser un courriel, en cliquant ici.
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Lettre 28 : 15.11.2009
Lettre 28
15.11. 2009
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Une fois n’est pas coutume et nous ne parlerons pas, dans cette lettre, du plagiat ordinaire que nous rencontrerions quotidiennement dans notre métier d’enseignant, si nous ne mettions pas en œuvre des mesures de dissuasion et de contrôle adaptées aux défis de notre communauté virtualisée.
• Nous cédons ici la parole à nos collègues Denis Bouyssou (CNRS, LAMSADE, Université Paris Dauphine), Silvano Martello (DEIS, Università di Bologna) et Frank Plastria (MOSI Vrije Universiteit Brussel).
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Ils décrivent un cas à tiroirs - qui serait extraordinaire s’il ne semblait pas simplement humain -, de déroulement d’une enquête sur un cas flagrant de plagiat à l’époque (2007) où ils étaient tous trois éditeurs d’une revue scientifique de prestige : A Quarterly Journal of Operations Research. |
• Que les Rédacteurs en chef de Revues abonnés à notre lettre réfléchissent à ce cas soumis par leurs pairs, et dialoguent avec leurs Comités scientifiques à son propos. Un manque d’attention de leur part serait inquiétant, compte tenu de la responsabilité qu’ils ont accepté d’assumer.
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Ils doivent, en effet, garantir à tous les auteurs et lecteurs honnêtes qu’ils les protègent des agissements de ce genre de malfrats dans nos journaux et dans notre communauté. |
• Que la lecture de ce cas soit recommandée à tous nos jeunes collègues ; car rien ne se perd, tout se retrouve avec le Web, demain ou dans cinq ans…
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Hier, encore, certains professeurs-chercheurs seniors excusaient les autoplagiats, plagiats et autres combines au nom de la « jeunesse » de leurs auteurs, au nom des « valeurs du corporatisme » et, surtout, pour ne pas effectuer un long travail de reconstitution des faits. Ces comportements ne rencontreront bientôt plus aucune protection. |
Un tout grand merci pour vos contributions régulières à notre travail collaboratif via le site «Responsable».
Vous êtes nombreux à demander comment faire circuler nos lettres ou comment inscrire des collègues. Il vous suffit d’utiliser le lien d’inscription du site.
Bien cordialement
Michelle Bergadaà
Professeur de communication et de marketing
Directrice de l'OVSM
Faculté des SES, Université de Genève
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Lettre 27 : 25.09.2009
Lettre 27
25.09. 2009
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
En ce début d’année académique, que je vous souhaite créative et passionnante, voici un bilan succinct des actions menées par divers acteurs dans nos cent seize établissements.
• Concernant le plagiat des étudiants. La majorité des établissements a acquis des logiciels de détection de similarités. Ce n’est pas l’outil qui fait la fonction mais, étant disponibles, ils rendent attentifs les enseignants et les étudiants au problème du plagiat et de la contrefaçon.
• Concernant les doctorants. Je vous conseille vivement de lire et de faire circuler la remarquable lettre de notre collègue Didier Truchet, Directeur de l’École doctorale George Vedel – Univ. Panthéon-Assas.
• Concernant les directeurs de thèses. La peur de certains doctorants qui ne savent à qui se confier, m’apparaît toujours palpable. Par exemple, je conserve sur mon disque dur personnel deux thèses presque finies : leurs auteurs (externes à mon domaine) craignent de se faire emprunter leurs idées par leur patron avant leurs soutenances.
• Concernant les processus de révision des revues scientifiques. En janvier 2008, nous débattions, par métaphores interposées, du cas d’un auteur qui a éliminé son co-auteur pour publier en solo le résultat de leur travail. Si nous en faisions collectivement une analyse bien timorée fondée sur des raisons psycho-socio-politiques, aujourd’hui nous pouvons être plus fermes.
Le cas suivant se présente à nous : a) deux co-auteurs travaillent ensemble et font un article présenté en conférence, puis ils le soumettent à une revue de rang A (il est rejeté). b) L'un des co-auteurs quitte leur établissement et change de pays. c) Le premier en profite aussitôt pour le publier seul, sans aucune référence bibliographique au travail antérieur, dans une autre revue anglo-saxonne. d) Nous avons testé par logiciel de détection de similarité (Turnitin) cet article publié : il est similaire à plus de 80% à la première soumission (hors annexes) et à plus de 62% à l’article original intégral des actes de la conférence.
L’auteur floué va demander formellement au Rédacteur en Chef de la revue la publication d’un rectificatif avec ses excuses pour avoir manqué de discernement, ainsi que sa réintégration comme co-auteur dans les bases de données internationales.
• Pour conclure. Je constate que l’on se pose souvent de faux problèmes « politiques » pour finalement protéger des tricheurs, alors qu'il n'y a que des règles de déontologie très simples à appliquer systématiquement.
Il y a ensuite des principes de responsabilité à assumer : on ne place pas à des postes de décision - journaux/ revues/ conférences - des personnes dont le comportement est douteux, alors même que tous (sauf nos plus jeunes et influençables collègues) le savent dans notre communauté.
Ces positions fermes éviteraient deux écueils : celui de se trouver confrontés à de dommageables ambiguïtés ultérieures, et celui d’être obligés d’accorder une sorte d’immunité à des personnes qui n’ont aucune envie de changer d’attitude.
Un tout grand merci pour vos contributions régulières à notre travail collaboratif via le site «Responsable».
Bien cordialement
Michelle Bergadaà
Professeur de communication et de marketing
Directrice de l'OVSM
Faculté des SES, Université de Genève
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Lettre 26 : 22.05.2009
Lettre 26
22.05. 2009
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
J’ai reçu une centaine de témoignages – pas une dizaine - de collègues qui ont choisi d’affronter le plagiat sur le terrain. C’est toujours la même souffrance.
• Un exemple, parmi les autres : « … Et la doctorante se pose en victime et c'est moi et son directeur de thèse qui sommes les coupables. C'est le monde à l'envers. J'ai demandé à mon conseil d'École Doctorale de refuser à la doctorante le droit de se réinscrire dans notre ED. Je n'ai pas été suivie. Vous comprenez donc toute l'admiration que j'ai pour votre action. »
Pourquoi les établissements ne soutiennent-ils pas systématiquement les enseignants et les chercheurs qui ont le courage de s’opposer à cette dérive ? Ont-ils une idée des pressions que reçoivent ceux et celles qui dénoncent ces pratiques ?
• Autre exemple: une collègue voyant son travail plagié dans le livre d’un de ses anciens étudiants choisit de porter l’affaire en justice. L’auteur du livre et l’éditeur sont condamnés in solidum. Mais, ils contre-attaquent au prétexte qu’il n’y a pas de contrefaçon (et non « plagiat »), car l’auteur d’origine « ne peut être titulaire des droits d’auteur sur une contribution effectuée dans le cadre de la mission de service public ». L’histoire finit bien et notre collègue gagne encore : le jugement est confirmé, l’appel étant jugé irrecevable.
Imaginez que, demain, vous soyez plagié(e). Aurez-vous envie de passer deux à quatre ans en procédures stressantes, au lieu de les consacrer à la sérénité de vos recherches ? Même si vous avez des preuves irréfutables en votre faveur, êtes-vous certain(e) de gagner ? Mais, si vous ne faites rien, ne garderez-vous pas toute votre vie un sentiment d’amertume et l’impression d’avoir manqué de courage ?
• Je propose que tous nos Présidents d’universités, nos Recteurs et nos Directeurs d’établissements aient, eux aussi, le courage individuel et collectif de se déclarer partie prenante et qu’ils mettent en place de véritables conseils juridiques institutionnels pour aider les dénonciateurs et les victimes de plagiat. Mais, pourquoi le feraient-ils ?
Imaginez le caractère exponentiel du phénomène de plagiat, alors que certains pays mettent en place des primes à la productivité, sans garde-fous de la sorte… Notre collègue S. Le Lay nous livre dans sa lettre ouverte une analyse claire à ce propos.
• C’est en termes de responsabilité du système académique que le problème se pose aujourd’hui. J’évoque le site Profetic qui déclare à propos de notre dernier rapport sur le plagiat des étudiants :
« C’est l’immense mérite des auteurs du rapport intitulé «La relation éthique-plagiat dans la réalisation des travaux personnels par les étudiants» que d’avoir déplacé le débat autour du plagiat, sur le terrain de la mission et des valeurs de l’Université, en regard des perceptions, pratiques et conditions de vie des étudiants. »
Un tout grand merci pour vos contributions régulières à notre travail collaboratif via le site «Responsable».
Bien cordialement
Michelle Bergadaà
Professeur de communication et de marketing
Directrice de l'OVSM
Faculté des SES, Université de Genève
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Lettre 25 : 13.03.2009
Lettre 25
13.03. 2009
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Parmi les cas internationaux que nous suivons depuis des années, il en
est un qui voit enfin son aboutissement : le 23 février dernier, le Conseil
d’État, au nom du peuple français, informe que la requête
de Mme Gaëlle A-B était rejetée. Cette dernière faisait
appel d’une décision du Conseil National des Universités
(CNU) qui avait prononcé, le 5 septembre 2007, le retrait de son inscription
sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences
pour cause de plagiat lié à sa thèse de doctorat.
Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi la thèse n’a
pas été annulée par cet organe, rappelons que le CNU n'est
pas une instance disciplinaire. Le titre de docteur est délivré
par une université, donc par un jury dont la responsabilité seule
est engagée. Le CNU peut penser ce qu'il veut de certaines thèses
et du travail plus ou moins sérieux de certains jurys, il ne peut en
aucun cas remettre en cause la délivrance du doctorat.
Pour fêter les cinq ans de notre travail collaboratif
via le site « Responsable
», j’ai donc publié une brève synthèse dans
le journal Culture & Sociétés pour rappeler, comme me l’avait
demandé un membre éminent du CNU, « les universités
et membres de jurys à leur sens des responsabilités, car ce sont
eux qui se situent tout en amont du processus et leur action, contrairement
à celle du CNU, s'inscrit dans la sphère légale ».
Vous trouverez ici ce texte un peu provocateur, « Une
situation saugrenue ». N’hésitez pas à le
critiquer et à me dire que je me trompe ! J’aimerais tant, me tromper…
Et, puisque les plagieurs lisant cette lettre doivent être
mal à l’aise, je leur dis que nous ne pouvons plus fermer les yeux,
même si nous savons leur tourment.
Nous comprenons, en effet, que le plagiat conduit son auteur
à admettre son échec face aux demandes de notre société
académique et à devoir repositionner son image de lui-même.
Le plagieur, par son acte, redéfinit de facto son niveau réel
par comparaison au niveau qu'il espérait atteindre… et qu’il
imite.
* * *
Je profite de cette lettre pour vous rappeler l’excellent
colloque organisé par le Pôle Universitaire Européen de
Bruxelles sur le thème "Copié-collé..."
Former à l'utilisation critique et responsable de l'information,
le mardi 31 mars prochain, de 8h30 à 16h30.
Un tout grand merci pour vos contributions régulières
à notre travail collaboratif via le site « Responsable ».
Bien cordialement
Michelle Bergadaà
Professeur de communication et de marketing
Directrice de l'OVSM
Faculté des SES, Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire
de cette lettre, il vous suffit de nous adresser un courriel, en cliquant
ici.
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Lettre 24 : 08.12.2008
Lettre 24
08.12.2008
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
En cette fin d’année, je souhaite vous dire combien
je suis touchée des témoignages d’encouragement et des remerciements
que vous êtes nombreux à m’envoyer après chaque lettre.
A mon tour de vous dire que sans vous, sans les cas de plagiat que vous nous
soumettez et pour lesquels nous vous apportons notre modeste concours, ce travail
collaboratif n’aurait ni cette dimension, ni cette force.
Le flux de messages que mois après mois vous recevez
via cette lettre, se sédimente et prend racine ici et là, au niveau
des lois, des règlements, des volontés individuelles et des décisions
collectives. Et le flux se transforme en stock de connaissances commun sur le
site « Responsable ».
Pour ce Noël, veuillez recevoir trois cadeaux:
• Le premier est un outil de travail. C'est le rapport de la Commission Ethique-Plagiat
que j’ai présidée à la demande du Rectorat de Genève.
Ce document La
relation éthique-Plagiat dans la réalisation des travaux personnels
par les étudiants (132 pages), concerne aussi bien le « Contexte
en mutation » (impact technologies/connaissances, comportements des
étudiants et rôle de nos bibliothèques), que « Les
projets organisationnels » (formation aux compétences informationnelles,
valeurs, normes, règles et outils de détection des similarités).
Ce rapport est téléchargeable,
mais surtout, il se présente sous forme d’un document
en ligne que chacun de vous peut maintenant compléter. Il n’est
pas totalement sous forme « wiki », car il faut un modérateur,
mais largement ouvert à l’intelligence collective : la vôtre.
• Le deuxième cadeau est celui que nous a fait
le Tribunal de Grande Instance de Versailles (France) en déclarant
que Hélène Maurel-Indart et les Éditions de la Différence
n’étaient pas coupables de diffamation pour avoir publié
un cas de plagiat dans Plagiats,
les coulisses de l’écriture (2007). Non seulement le plaignant
n’a pas obtenu les 100’000 euros qu’il réclamait
et la suppression des pages incriminées, mais il a du verser, en tant
que partie perdante, 1'000 euros à notre collègue de Tours et
à son éditeur (Code. art.700). Voir les
détails de l’affaire.
Plagieurs, cessez donc de menacer d’attaquer en justice
les plagiés (ou les témoins) qui vous dénoncent! Vos
actes n’en seront que plus médiatisés. Et tâchez
de comprendre que la perception du problème est en train de changer
très vite chez nos législateurs.
• Le troisième cadeau : un tout grand merci,
en notre nom à tous, à l’université de Tours qui
a accordé sa protection juridique à notre collègue Hélène
Maurel-Indart en considérant qu’elle agissait dans le cadre de
ses recherches. Puisse cet exemple être suivi par toutes nos institutions
afin que leurs responsables abordent avec authenticité ce grave problème
du plagiat et que, avant toute autre considération, ils soutiennent
invariablement leurs professeurs et leurs étudiants intègres.
En cette fin d’année, je vous souhaite de très
belles fêtes, pour vous et ceux qui vous sont proches.
Bien cordialement.
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre, il vous suffit
de nous adresser un courriel, en cliquant
ici.
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Lettre 23 : 31.10.2008
Lettre 23
30.10 2008
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Je trouve ennuyeux que les personnes qui dénoncent les
plagieurs se fassent insulter, voire menacer, par ces derniers, toujours forts
vexés d’avoir été pris la main dans le sac. L’analyse
des documents que l’on m’a communiqués montre que les diatribes
des plagieurs sont de deux ordres :
a) « On m’a dit que tel ou tel professeur
aussi avait plagié, alors il vaudrait mieux se taire...»
b) « Dénoncer une personne qui a "omis de citer"
(sic) l’auteur d’origine, c’est de la délation digne
des pires moments de l’histoire. »
Je trouve contrariant que certains professeurs se prêtent
à ces subterfuges, qu’ils se trompent de victimes et qu’ils
accablent les personnes - plagié ou témoin - qui ont le courage
de poser les faits sur la place publique. Ils font subir des pressions morales
à des (parfois jeunes) chercheurs en leur demandant de respecter «
les codes de discrétion du métier ».
Quels codes ? Quel métier ? A une époque de totale
mutation, il s’agirait d’avoir le courage de les questionner, me
semble-t-il.
Parlons-en de courage, justement.
Je trouve enthousiasmant celui de notre collègue Driss
Lagrini qui dénonce dans une LETTRE OUVERTE trois plagiats dont il aurait été
victime. En toute transparence, il cite les noms des plagieurs, les pays d’où
viennent ces plagiats, les journaux impliqués et il vous en présente
toutes les circonstances.
A vous de choisir maintenant de quel côté vous
souhaitez vous ranger : celui du plagieur ? celui du palgié ? ou celui
de la connaissance authentique ?
Nous vous proposons aussi de lire cette lettre ouverte du Pr.
Lagrini dans sa version originale, en
arabe, ou sous sa traduction en
anglais.
Vous pouvez lui répondre directement (drisslagrini@yahoo.fr), en vous rappelant
que "le sentiment de vol ou de viol est compréhensible s’agissant
d’une œuvre de l’esprit, donc unique : c’est une atteinte
grave aux droits de la personnalité" (merci à I. Cadet).
Par ailleurs, nous portons à votre connaissance le discours
de Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche (France) le 16 octobre dernier. Elle y déclare sa
volonté de généraliser "les expériences de
lutte anti-plagiat déjà mises en œuvre dans certaines universités".
Sera-t-elle entendue ?
Encore un tout grand merci pour vos contributions régulières
à notre travail collaboratif via le site « Responsable
».
Bien cordialement.
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
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Lettre 22 : 18.09.2008
Lettre 22
18.09.2008
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
C’est
la rentrée… Nous avons des
raisons de nous réjouir ensemble des résultats
sensibles de nos efforts à
dénoncer la triche et le plagiat des travaux
d’étudiants, des mémoires et des
articles de recherche.
Tout
d'abord, je présente en
notre nom à tous nos plus sincères
félicitations
à nos collègues
tunisiens qui
depuis près de quatre années oeuvrent avec nous
pour lutter contre ce fléau. Un
décret ministériel relatif au
« plagiat
dans le domaine de l’enseignement supérieur et de
la recherche scientifique »
(Décret n° 2008-2422 du 23 juin 2008) vient
d’être promulgué.
Puissent
les autres pays
francophones suivre l’exemple tunisien, et adopter des
décrets aussi adaptés au
contexte académique, complets, clairs et précis
que celui-ci !
Par
ailleurs, les trois cas
de
plagiat dénoncés par les victimes et
qui seraient
le fait de professeurs et
d’étudiants doctorants, cas dont nous avons suivi
le développement, sont
maintenant étudiés par les instances
académiques compétentes de leurs
institutions et de leurs pays d’origine.
Le
travail s’accomplit à tous les
niveaux. Je citerai ici un exemple parmi de nombreuses
initiatives : Denis
Duguest de l’IAE de Nantes (France) a réuni
diverses informations pour proposer
un manuel très clair « Citer
ses sources »
que vous aurez hâte de distribuer à vos
étudiants.
Une
question d’actualité en ces
temps de rentrée : avez-vous
vraiment
fait identifier juridiquement les diplômes des
tous les
étudiants que vous avez
acceptés dans vos multiples programmes ?
Êtes-vous certains
qu’il n’y a pas quelques faux qui se soient
glissés ici et
là ? Quelles mesures de contrôle
précis avez-vous établies ?
Vous
trouverez ici un
jeu
d’authentiques documents
présentés par un
candidat, que j’ai du refuser pour le diplôme dont
je suis directrice. A noter
que, selon
Wikipedia ,
un des terroristes
d’Al-Qaïda aurait
présenté ces mêmes
« diplômes »
pour justifier de ses activités.
Oserai-je
vous raconter le dilemme auquel ont
été confrontées les
autorités d’une
université
amie devant se prononcer sur une lettre touchante reçue par
leur Recteur? Elle
émanait d’une mère
éplorée dont le fils venait de
décéder. Elle y remerciait
l’université pour la joie que leur avait
procuré le diplôme de pharmacien de
leur fils, diplôme accroché au mur de leur salon.
Il s’avère qu’il
s’agissait d’un faux. Qu’auriez-vous fait
à la place des juristes de cette université
?
Pour
conclure ensemble et commencer
cette cinquième année
universitaire, je reprends ici les paroles de Wolfgang
Pauli (merci
à F.
Bloch), paroles que nous pouvons, ensemble, dédier
à nos étudiants, à nos
collègues et à nos supérieurs
hiérarchiques :
" Je n'ai
pas
d'objection à ce que pensiez lentement. J'en ai si vous
publiez plus vite que
vous ne pensez."
Un
tout
grand merci pour vos contributions régulières
à notre travail commun sur votre
site « Responsable »
Bien cordialement.
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre, il vous suffit
de nous adresser un courriel, en cliquant
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Lettre 21 : 11.06.2008
Lettre 21
11.06.2008
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Vous êtes aujourd’hui plus de 16'000 abonnés à cette
lettre, de 19 champs disciplinaires et de 14 pays. Le flux des cas que vous
me communiquez concerne trois thématiques connectées : 1) celle
du plagiat des étudiants dans leurs mémoires et leurs thèses,
2) celle de jeunes auteurs entraînés vers la facilité du
copié-collé par le principe du « publish or perish »,
3) celle de certains professeurs seniors qui s’accaparent des textes ou
des mémoires de leurs étudiants.
1/ Le plagiat par les étudiants. Un grand nombre d’établissements
commence à le traiter au plan structurel. Nous aurons à partager,
à la rentrée universitaire, de nombreux témoignages de
ces initiatives. En avant-goût, saluons de suite le projet de nos collègues
de Louvain (Belgique) qui ont mis en place une campagne de publicité
sympathique destinée aux étudiants que je vous invite à
découvrir ici.
2/ Le plagiat par les jeunes auteurs. Voici un cas qui nous
a interpellés. Un article, publié dans une bonne revue comprend
des parties plagiées (y compris des données de terrain) d’un
article publié antérieurement par un autre jeune auteur qui a
porté plainte. Le cas a été soumis à un comité
d’éthique restreint mis en place par le Rédacteur en chef
de la revue. Puis, comme il est d’usage dans toute bonne revue scientifique,
ce Rédacteur en chef a publié dans un numéro ultérieur
un avertissement au lecteur, avec notamment les excuses du fautif et les siennes.
Mais, le fautif vexé, se positionna aussitôt en victime, écrivant
une longue lettre agressive à tous les membres du Comité de Rédaction
de la revue. Nous relevons en substance que la procédure a été
perçue comme une véritable « inquisition » (sic) et
elle a été vécue, semble-t-il, de manière d’autant
plus détestable que son auteur se trouvait à ce moment là
en pleine période de recrutement.
Cette anecdote établit, on ne peut plus clairement, notre responsabilité
collective de ne pas savoir rendre explicite ce qui nous semble couler de
source :
- Combien d’entre nous, professeurs en poste, sont vraiment conscients
de la pandémie de plagiat qui frappe notre monde académique
?
- Combien ont vraiment testé leurs doctorants sur leurs compétences
informationnelles et sur leurs pratiques d’écriture ?
- Quelles valeurs transmettons-nous dans nos Écoles doctorales ?
- Quelles règles de déontologie sont réellement assimilées
par nos doctorants avant qu’ils ne deviennent eux-mêmes des encadreurs
d’étudiants et ne leur transmettent leurs valeurs?
- Comprennent-ils le sens universel des expressions « Publication »,
« Publication scientifique », « Journal scientifique »,
« Création », « Propriété intellectuelle », « Comité de Rédaction »,
« Jugement par ses pairs », « Comité d’éthique
», « Intégrité intellectuelle », « Authenticité
» ?
3/ Le plagiat par les professeurs seniors est plus grave peut-être,
mais il assez passionnant dans ses méandres. J’en appelle à
votre bienveillance pour proposer vos conseils constructifs et vos idées
créatives. En bref :
Un doctorant (x) d’un pays francophone X a pour membre de son jury un
professeur (y) d’un pays francophone Y, très connu dans sa spécialisation
et qui a déjà publié une quantité importante de
livres et d’articles. En toute confiance, l’étudiant lui
envoie son texte final… Il soutient sa thèse avec les félicitations
du jury. Quelques cinq ans plus tard, un livre collectif paraît aux prestigieuses
Presses Académiques de Z (PAZ). Un des chapitres est un plagiat d’une
partie de la thèse de x, effectué par le professeur y. Saisies,
les PAZ ne cessent pas la diffusion de l’ouvrage contenant le chapitre
incriminé. Leur conseiller légal attend que l’avocat du
jeune plagié x accepte une proposition d’excuses de y pour insérer
un encart d’avertissement du plagiat dans les livres mis en vente. En
cas de réédition (hypothétique) de l’ouvrage, ils
promettent à x que son article remplacera celui de y.
Qui d’entre nous aurait une idée géniale pour dénouer
le problème ? Vous trouverez ici
le cas, ainsi que les questions auxquelles nous vous serions reconnaissants
de bien vouloir répondre (même succinctement) après une
lecture des vignettes que nous vous invitons à lire attentivement.
Quelle est donc mal faite cette loi qui place ce cas sous le seul statut du
« droit d’auteur », au détriment des normes d’intégrité
scientifique d’une profession académique qui n’a jamais su
imposer sa vision de ce que signifie « propriété intellectuelle
», et qui ne s’est pas dotée de chartes déontologiques
lui permettant de tenir le choc face à cette pandémie de plagiat
que propage l’arrivée d’Internet dans nos métiers
!
Encore un tout grand merci à ceux qui contribuent à l’enrichissement
de notre projet collectif via notre site collaboratif (Responsable.unige.ch)
en proposant des cas que nous soumettons à l’analyse collective.
Bon courage pour vos corrections de copies, jurys de fin d’année
et autres tâches épanouissantes de notre beau métier.
Bien cordialement.
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre, il vous suffit
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Lettre 20 : 07.05.2008
Lettre 20
07.05.2008
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
• Le cas
de plagiat de ma lettre N° 19 concernait le cas d’un doctorant
en géographie de l'université de X qui découvrait que son
mémoire de DEA (i.e. Master recherche) avait été plagié
par un étudiant en géographie de l'université de Y et qui
avait déposé une plainte.
Vous pouvez consulter l'analyse
du cas par la communauté et réagir à une proposition
d’un principe
directeur commun.
Je vous communique également un chapitre du rapport
2008 de la commission « Ethique-Plagiat » que je préside
à l’université de Genève, chapitre dans lequel nous
essayons de qualifier les fautes, pour les circonscrire, en distinguant «
copie », « triche », plagiat » et « fraude ».
Vos commentaires sont les bienvenus.
En fait, il semble qu’il n’y ait pas eu de résolution institutionnelle
du problème. Le plagieur a simplement avoué à la commission
: «Je suis désolé. J’ai été vraiment
bête de placer mon mémoire sur Internet, sinon personne n’aurait
rien vu. ».
Mais, l’étudiant plagié a finalement été
le plus intelligent. Puisse son geste servir d’exemple à tous les
plagiés :
… il a téléchargé le mémoire du plagieur,
et il a placé sur son site personnel les
deux mémoires qu’il vous invite à comparer. C’est
précis et efficace.
• Le cas d’aujourd’hui, en est
un d’émotion : chaque mois, je reçois des
documents entiers « stabilobossés », de personnes qui se
sentent volées, que dis-je "violées", au plus profond
de leur être (leur créativité et leur travail) par des plagieurs
ou par des personnes qui utilisent sans les citer leur travail dans une publication
scientifique ou dans une thèse.
Dès que nous décidons (après conseils juridiques) qu’ils
doivent se plaindre formellement, et que nous dévoilons les faits objectifs,
les émotions débordent :
- Émotion du directeur de thèse ou de mémoire du plagieur,
commençant par réfuter la plainte, tout prêt à
garantir que son ex-étudiant est quelqu’un de charmant, sans
problème, d’honnête, de travailleur, d’utile à
son labo et à la communauté.
- Émotion des proches de ce « senior », qui pensent que
leur réputation peut en souffrir et qui nous invectivent, voire nous
menacent, d’oser nous mêler de ce qui, selon eux, ne nous regarde
pas.
- Émotion décuplée des amis du plagié, qui déclarent
fermement qu’une publication est un acte public et
que chaque lecteur libre a le droit, et le devoir, de dénoncer une
inconduite visible aux yeux de tous.
- Émotion des Rédacteurs en chef de revues, qui reçoivent
des appels de toute part pour les inciter à étouffer l’affaire
ou, au contraire, à présenter des excuses dans leur revue.
- Émotion vive du plagié à qui on sert maintenant cette
argumentation : « Vous avez été plagié, soit, ce
n’est pas très grave, vous aurez d’autres publications.
Mais si vous maintenez votre plainte, le plagieur aura sa carrière
brisée à cause de vous. Et « certains » vous en
voudront… ».
- Émotion de certains mandarins ou pontes d’associations, s’apercevant
que, en ce XXIe siècle et avec Internet, la situation va leur échapper
et que les affaires ne se régleront plus, loin des yeux de tous, dans
la discrétion feutrée des alcôves politiques du moment,
mais en totale transparence.
- Émotion, enfin, de ceux pour qui « déontologie »
ne signifie pas corporatisme, mais bien défense de nos valeurs centrales
de création de connaissance, mise en exergue de l’authenticité
de l’écrit et transparence dans la diffusion publique.
Les
questions auxquelles vous pourriez répondre : Pourquoi ces émotions
qui débordent de toute part ? Que faire quand on est junior et qu'on
se sent volé-violé dans ses premiers écrits ? Comment mesurer
le risque d’une procédure de plainte ? Comment protéger
le dénonciateur par un comité de « relais de plainte »
? En quelles mains placer d’abord le cas de plagiat ? Comment rester calme
et exemplaire dans l’affirmation de notre déontologie quand on
reçoit des pressions « politiques » ?
Je vous indique ici des règles
d’intégrité très didactiques qui viennent d’être
éditées par les Académies Suisses des Sciences. Il me semblerait
utile que tous les programmes de Master, d’assistanat et de doctorat prévoient
une analyse de telles règles par leurs étudiants. Merci de nous
communiquer celles existant dans vos pays.
Pour conclure, je rappelle à ceux qui m’écrivent leur désarroi
personnel face à certaines pratiques incorrectes de professeurs ou d’étudiants,
qu’il existe une solution simple : inscrivez-les
à cette lettre régulière. C’est gratuit et anonyme.
Soit ces personnes accepteront de réfléchir avec nous, soit elles
pourront se désinscrire
simplement de la lettre.
Encore un tout grand merci à ceux qui contribuent à l’enrichissement
de notre projet collectif via notre site collaboratif (Responsable.unige.ch).
Bien cordialement.
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre, il vous suffit
de nous adresser un courriel, en cliquant
ici.
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Lettre 19 : 18.03.2008
Lettre 19
18.03.2008
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Il y a quatre ans, j’expédiais la lettre Lettre n° 1 du projet
« Responsable » à
225 professeurs. Vous avez été nombreux à réagir,
à relayer au fil des mois les « Lettres », et à contribuer
au développement du site collaboratif « Responsable ».
Vous êtes aujourd’hui plus de 15’000 abonnés.
Vos contributions directes proviennent de 113 établissements
différents, de 13 pays, et de plus de 17
disciplines. Vous avez « fait bouger » au moins cinq établissements
universitaires de réputation internationale qui ont mis en place de vraies
politiques institutionnelles, ainsi que quatre revues scientifiques. Vous avez
tous contribué, via Internet, à une véritable évolution
de la connaissance. Bravo à tous ; continuons.
• Dans ma lettre n° 18 je vous avais présenté la situation
(véridique) de deux
cas, à forte similarité, tels que vécus par les deux
protagonistes, et je vous ai demandé de bien vouloir analyser la situation.
Vous trouverez sur le site deux types d’analyse :
- L’analyse de contenu détaillée des 83
propositions émanant de la communauté académique.
Dans sa quasi-unanimité, cet échantillon international considère
que l’on ne peut pas « oublier » de citer ses travaux antérieurs
à une publication, et encore moins « oublier » un co-auteur
en cours de route. Cependant, l’analyse témoigne de beaucoup
de subtilité dans les nuances de vos propositions.
- Par ailleurs, une collègue de France a fait réaliser une
analyse de contenu détaillée des cas par ses étudiants
de Master recherche. Cette population a, pour sa part, privilégié
celui des acteurs qui agit selon une éthique relative à la finalité
de l’action et à son impact (i. e. une publication), et non selon
une éthique relative à la relation entre un chercheur et les
autres acteurs de la recherche.
N’y aurait-il pas matière à réflexion, lorsque nous
essayons de mesurer, selon nos normes de déontologie, l’éthique
et la morale de plus jeunes acteurs ?
• Le cas
d’aujourd’hui, tout aussi véridique, est d’un niveau
différent de traitement.
- Un doctorant en géographie de l'université de X (France)
découvre que son mémoire de DEA (i.e. Master recherche) a été
plagié par un étudiant en géographie de l'université
de Y (France). Il en avertit aussitôt l'université de Z (Suisse)
qui a immatriculé l’étudiant indélicat sur la base
de son diplôme fraudé.
- Or, l'université de Z (Suisse) déclare : « Nous
ne pouvons rien faire tant que l’université Y maintient ce diplôme
que nous considérons comme valide». Contactée, l'université
de Y (France) répond : « S’il n’y a pas de plainte
du plagié, nous ne pouvons pas ouvrir de procédure. D’ailleurs,
notre ancien étudiant a quitté le territoire national…
». Contacté, cet étudiant de l'université de X
(France) déclare: « Qu'est-ce que je gagnerais à déposer
une plainte? Une perte de temps et d’énergie».
Et si nous décidions qu’un établissement qui remet un diplôme
fondé sur un mémoire ou sur une thèse plagiés devient,
de facto, complice d’une fraude au diplôme ? Mais alors que devient
le fondement actuel d’ouverture de procédure, fondement du droit
d’auteur et droit de propriété intellectuelle ? Pouvons-nous
envisager une attitude internationale commune en la matière ? Une charte
de qualité internationale pour nos établissements ?
Qu’en pensez-vous ? Votre
proposition sera enregistrée directement et elle sera analysée
dans notre prochaine lettre.
Encore un tout grand merci à ceux qui contribuent à l’enrichissement
de notre projet collectif via notre site collaboratif (Responsable.unige.ch)
en proposant des cas que nous soumettons à l’analyse collective.
Je rappelle à ceux qui m’écrivent leur désarroi
personnel face à certaines pratiques incorrectes de professeurs ou d’étudiants,
qu’il existe une solution simple : inscrivez-les
à cette lettre régulière.
C’est gratuit et anonyme. Soit ces personnes accepteront de réfléchir
avec nous, soit elles pourront se
désinscrire simplement de la lettre. En d’autres mots : attention,
plagieurs, si tout se trouve sur la toile, tout peut se retrouver grâce
à Internet, à n’importe quel moment et de n’importe
où.
Bien cordialement.
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre,
il vous suffit de nous adresser un courriel, en cliquant
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Lettre 18 : 28.01.2008
Lettre 18
28.01.2008
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
De nombreux établissements réagissent à présent
aux dérives produites par l’intervention d’Internet dans
nos processus de création de mémoires, thèses ou articles.
Logiquement, de nombreux étudiants nous interpellent : «
et vous, professeurs, êtes-vous plus éthiques que nous ? »
Parmi les nombreux témoignages de travaux et publications fortement
similaires qui me sont parvenus depuis deux mois, un cas en particulier a retenu
toute mon attention.
Il s’agit de trois publications similaires parues à un an d’écart,
les deux premières ayant deux auteurs, la troisième un seul
des deux auteurs. Dans ce dernier article, paru dans une revue scientifique
prestigieuse, aucune mention n’était faite au travail antérieur
du work-in-progress (déposé) et de l’article
des actes d’une conférence qui l’ont précédé.
Aucune mention du second auteur dans la bibliographie (ou même dans
les remerciements) n’apparaît.
Que s’est-il passé ? Une négligence ? Une banale histoire
de dispute entre co-auteurs ? Un cas humain.
Vous pourrez lire les
deux cas, tels que vécus par les deux protagonistes et vous faire
une idée par vous-même de la situation. Si vous avez des suggestions
pour prévenir ce type de situation merci de nous les communiquer.
Nous formulons ici quelques propositions:
- Placez sur Internet tous vos travaux de
mémoire, work-in-progress, articles de conférences,
articles publiés. Vous serez de facto protégés
de toute indélicatesse, puisque tout logiciel
de détection de similarités, demain ou dans dix ans, pourra
faire le rapprochement.
- Certes, le fait de procéder avec
cette transparence rend de facto obsolètes les principes de
la « révision en double aveugle » des revues scientifiques.
Mais la transparence (enfin) avouée nous conduira tous à une
plus grande authenticité.
- Le fait de produire un article, seul ou à plusieurs, n’est pas
un acte anodin ou une ligne de plus sur un CV que l’on modifie au gré
de ses humeurs. C’est un acte de création de connaissance avéré
qui engage pour longtemps toute une communauté.
- Les journaux scientifiques pourraient se
doter de tels logiciels
de détection de similarités afin de s’interroger sur
tous les articles problématiques dès leur soumission. L’effet
dissuasif est immédiat et les revues dotées de labels
de qualité seraient ainsi reconnues.
- Rappelons que la
loi sur le droit d’auteur (art. 7) encadre les droits et devoirs
des coauteurs. Même si la loi semble ne pas prendre en compte la révolution
sociale qui a résulté de l’introduction soudaine d’Internet
et les mutations de comportement, c’est elle qui prévaut en cas
de plainte. En Suisse, par exemple, elle prévoit de fortes amendes.
- Chaque établissement peut se doter
de « Directives
intégrité» pour renseigner tout auteur qui se poserait
des questions de comportement. De telles directives servent de garde-fou individuel
et collectif. - Enfin, pour tous ceux qui m’écrivent
leur désarroi personnel face à certaines pratiques de professeurs
ou d’étudiants, il existe une solution simple : inscrivez-les
à cette lettre régulière. C’est gratuit et
anonyme. Soit ces personnes accepteront de réfléchir avec nous,
soit elles pourront se
désinscrire simplement de la lettre.
Encore un tout grand merci à ceux qui contribuent à l’enrichissement
de notre projet collectif via notre site collaboratif (Responsable.unige.ch).
In extremis en ce début d’année, permettez moi de vous
offrir tous mes voeux de bon sens pour l’année 2008, afin :
- d’être pleinement occupé(e) par ce(ux) que vous aimez,
- de savoir ne plus vous préoccuper que de l’essentiel,
- et d’avoir la bienveillance de laisser l’accessoire à ceux
qui n’ont rien d’autre à faire.
Bien amicalement.
Michelle Bergadaà
Professeur de communication et de marketing
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre
il vous suffit de nous adresser un courriel, en cliquant
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Lettre 17 : 13.12.2007
Lettre 17 13.12.2007
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
J’ai reçu plusieurs témoignages préoccupants, ces
derniers temps, mais je choisis de vous épargner tout souci en ces temps
de fêtes et d’attendre l’an prochain pour vous en parler.
Parce qu’un grand nombre d’entre vous croit encore que l’usage
d’un logiciel
antiplagiat (oh combien indispensable) résoudra tous leurs problèmes,
et parce que certains n’ont pas encore compris que la création
de connaissance a définitivement muté et qu’une nouvelle
forme de savoir était en train d’émerger, je vous offre
un jeu pour Noël.
Un jeu qui vous permet de vous mettre dans la peau d’un étudiant
de 2008 devant réaliser un travail pour un cours qu’il n’a
pas suivi, qu’il n’a pas travaillé et pour lequel il n’a
rien lu, et ce, en un temps limité.
Ce jeu s’appelle « Bergy-On-the-Spot » (BOS), ou «
Kleenex-Knowledge » (KK). En voici un résumé des règles
du jeu :
1- Le jeu
(BOS) se joue à plusieurs (de 2 à 10 joueurs) en équipes
de deux ou individuellement.
2- Chaque joueur se munit d’un PC connecté Internet (WiFi ou
autre).
3- Les concurrents doivent, dans un bref laps de temps, produire à
partir d’un concept, un document électronique de trois, cinq,
quinze pages (proportionnel au temps défini).
4- Le concept est tiré au hasard dans une banque
de concepts, les concepts n’appartenant évidemment pas à
la discipline des concurrents.
5- Tout est permis, Wikipédia, copié-collé de parties
d’articles, traductions, achat de documents, etc.
6- Seule contrainte : les documents sont soumis à un détecteur
de plagiat à la fin de la partie, donc la paraphrase est obligatoire
sous peine de disqualification !
7- Le gagnant de la partie est décidé en fonction de l’esthétique
du document, du nombre de dimensions du concept présenté et
de leur articulation.
8- La connaissance ainsi créée est automatiquement jetée
après usage (KK) puisqu’un nouveau concept est tiré au
sort et que la mémoire à court terme des joueurs doit impérativement
être libérée.
Avec un peu d’entraînement, vous arriverez à travailler
presque aussi vite que vos étudiants et à comprendre comment se
produit une partie de la connaissance d’aujourd’hui.
Notez que, si vous avez une solide formation épistémologique
et méthodologique, que vous jouez seul et que vous multipliez par 10
le temps de chaque partie, vous deviendrez un jour apte à casser les
murs érigés (XIXe-XXe siècle) entre les disciplines traditionnelles.
C’est cela aussi, Internet.
En attendant ce beau jour, restons pragmatiques, restons enseignants : vous
trouverez également dans votre boîte de jeu un mode
d’emploi pédagogique traitant des risques de chaque étape
du fonctionnement des étudiants, accompagné de quelques conseils
pour vous guider en tant que pédagogue ou directeur de recherche. Notre
projet pédagogique reste en effet toujours d’accompagner nos étudiants
vers la connaissance.
Joyeux Noël à tous et encore un tout grand merci à ceux qui
contribuent à l’enrichissement de notre projet collectif via notre
site collaboratif (Responsable.unige.ch).
Bien amicalement.
Michelle Bergadaà
Professeur de communication et de marketing
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
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il vous suffit de nous adresser un courriel, en cliquant
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Lettre 16 : 24.10.2007
Lettre 16 24.10.2007 (N.B. : les liens sont actifs – il suffit de cliquer dessus
pour accéder aux documents)
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Vous avez été très nombreux à réagir au
cas de plagiat que je vous ai soumis cet été et qui montrait que
deux articles publiés dans des revues scientifiques avaient plus de 50
lignes similaires, à la virgule près.
• Le gagnant du concours est David Squire qui effectué
une analyse argumentée très précise.
Grâce à l’usage d’un logiciel
de détection de plagiat, il se livre ici à un examen détaillé
des documents.
Ainsi, l’article publié dans Journal of Social Sciences (Science
Publications) semble être un plagiat d’un troisième article
de conférence, lequel est à l’origine de celui publié
par ses auteurs dans Journal of Business Research (Elsevier).
Mais, vous avez été plusieurs à constater que les auteurs
de l’article de Journal of Business Research viennent d’en publier
un autre très similaire dans International Journal of Culture, Tourism
and Hospitality Research.
Rien n’est donc simple dans notre monde de la publication scientifique
où « reproduction » est souvent confondu avec « production
».
• Le deuxième prix est décerné à
Yves Soulabail pour sa belle proposition
aux responsables de publications.
Il recommande aux revues de s’engager résolument contre le plagiat
via leur adhésion à une démarche labellisée.
Puisse ce message positif être entendu par tous les Rédacteurs
en chef de revues scientifiques et être relayé par les abonnés
de cette lettre.
• Certes, c’est au niveau global, structurel et organisationnel,
qu’il nous faut réagir, mais c’est aussi comme acteur
individuel dans la recherche d’une authenticité en phase avec notre
époque qu’il nous faut agir.
Aucun logiciel au monde, aucun règlement institutionnel, ne nous exemptera
de notre responsabilité de pédagogue dont la mission est de
conduire ses étudiants vers la connaissance.
Nous vous proposons in fine la lecture d’ une lettre d’enseignant.
L’auteur a choisi de nous expliquer comment il fait « entrer Google
directement dans la réalité du cours » afin de «
partager une certaine forme de netethique, notamment par un recul amusé/critique
par rapport à tout ce qu’on trouve sur le net. »
Un tout grand merci à ceux qui contribuent à l’enrichissement
de notre réflexion collective via notre site collaboratif (Responsable.unige.ch).
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre
il vous suffit de nous adresser un courriel, en cliquant
ici.
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Lettre 15 : 16.07.2007
Lettre 15
16.07.2007
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Un tout grand merci à ceux qui contribuent à l’enrichissement
de notre réflexion collective via notre site collaboratif (Responsable.unige.ch).
Pour les vacances, afin de mettre un peu d’humour dans notre problématique,
je vous propose un concours. Le voici :
Deux articles A et B sont publiés la même année, 2006,
dans deux journaux scientifiques réputés : Journal
of Business Research (Elsevier) et Journal of Social
Sciences (Science Publications).
- Ces articles, « Destination Image and Destination Personality: An
Application of Branding Theories to Tourism Places» et « Scenarios
Analysis of Tourism Destinations » sont publiés par cinq chercheurs
différents.
- Or ces deux articles ont plus de 50
lignes similaires, à la virgule près.
Vous avez deux mois pour répondre aux questions suivantes :
1) Les auteurs de l’article A ont-ils plagié les auteurs de l’article
B ? Les auteurs de l’article B ont-ils plagié les auteurs de
l’article A ? Ou bien tous ces auteurs ont-il plagié sans se
concerter les auteurs d’un document C ?
2) Si vous choisissez de répondre par la troisième alternative,
d’où l’article C est-il issu ?
3) Comment avez-vous retracé l’origine du problème ? Via
la toile ? Par vous-même ? Avec un
logiciel de détection de plagiat ?
4) Qui est « coupable » ? Les auteurs ? Les reviewers des journaux
concernés ? Les rédacteurs en chef des journaux ? Notre système
?
Je communique ici très clairement ce cas, en préservant comme
toujours formellement l’anonymat du contributeur au site responsable à
qui nous devons ce cas.
Pourquoi ?
- d’abord parce que les articles que je cite sont publics et publiés
dans des revues scientifiques de notre domaine.
- surtout, parce que je ne crois plus en ceux qui adoptent exclusivement la
logique causale chère au législateur.
Il me semble vain de ne considérer que la sauvegarde de systèmes
locaux, par des punitions à des cas particuliers dévoilés
au hasard de situations fortuites. Il est, ensuite, hypocrite de conserver les
sanctions « personnelles et confidentielles ». Le seul résultat
est de blesser celui qui les reçoit et leur effet sur le système
n’est qu’insignifiant.
Je prône, a contrario, la logique de la conséquence,
le sens de la responsabilité à l’égard du futur sociétal
en marche, l’intelligence de la situation sans concession et sans refuge
stérile ; j’en appelle à une perspective globalisante, plus
encore qu’internationale.
Ainsi, pour conclure, une question subsidiaire à notre
concours de l’été : Quelle est la nature des conséquences
éventuelles du cas soumis à votre analyse ?
Je vous souhaite de belles vacances.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre il vous suffit
de nous adresser un courriel.
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Lettre 14 : 03.05.2007
Lettre 14
3.05.2007
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Un tout grand merci à ceux qui ont contribué à l’enrichissement
de notre site collectif (responsable.unige.ch)
dédié au plagiat via Internet.
Bravo à ceux qui ont initié des démarches collectives
dans leurs établissements. Il semble, en effet, que de nombreux dirigeants
d’institutions d’enseignement supérieur aient compris l’impact
du plagiat via Internet sur notre métier de création et diffusion
de la connaissance. L’angélisme n’est plus de mise et tous
savent que de simples cours d’éthique ou des déclarations
de moralité signées par les étudiants ne suffisent plus
à garantir l’honorabilité institutionnelle.
A la demande de nombre d’entre vous, et sur la base des « best
practices » communiquées via le site, j’ai le plaisir de
vous proposer la définition d’un
projet intégré institutionnel comportant 12 plans d’action
qui couvrent les dimensions culturelles, psychologiques, informatiques et organisationnelles.
Merci de continuer, par vos témoignages, à alimenter ce projet
intégré.
Ainsi, la conversion de notre métier de création et de diffusion
de connaissances a eu lieu.
Mais, à l’heure où Wikipédia est la source (anonyme)
immédiate de référence de nos étudiants, combien
d’entre nous sommes allés y vérifier la fiabilité
de définition des concepts qui constituent la trame de notre enseignement
?
Pourtant, nos étudiants ont besoin que nous les guidions vers le savoir.
Une étude
spécifique provenant du Québec indique que plus de 70% d'étudiants
entrant à l'université connaissent très mal les principes
de la recherche documentaire et ceux de la citation. Ces chiffres corroborent
les études européennes.
Rappelez-vous que nous proposons sous la rubrique « soutien
à l’éducation » des quizz et des informations
qui doivent aider vos étudiants à ne plus craindre de commettre
des impairs en matière de citations.
En ce qui concerne les liens entre la société et les nouveaux
comportements des étudiants, vous pouvez en voir une illustration par
une récente intervention télévisuelle sur France 2 que
j’ai faite lors d’une émission de Stéphane Bern.
Enfin, si vous souhaitez débattre de vive voix de cette mutation du
plagiat via Internet, vous pouvez participer à une excellente conférence
comme International
Workshop on Plagiarism Analysis.
A bientôt, donc, le plaisir de vous lire.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur de marketing et communication
Directrice de l'OVSM - Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre il vous suffit
de nous adresser un courriel.
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Lettre 13 : 13.10.2006
Lettre 13
13.10.2006
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Un tout grand merci à ceux qui m’ont écrit,
soit personnellement, soit pour contribuer à l’enrichissement
de notre site collectif (Responsable.unige.ch).
Comme il était prévisible, le plagiat des documents
gratuits disponibles sur le web devient risqué avec la croissance accrue
de votre vigilance. Dès lors, le marché des sites
payants aidant les étudiants à tricher se structure selon
deux modèles économiques. Le premier modèle est celui
des sites qui rémunèrent des travaux mis en vente par des étudiants,
ceci au prorata du nombre d’achats de ces documents. Le second modèle
est celui de sites qui proposent la réalisation de travaux originaux
sur le sujet demandé par l’étudiant-client ; ceci à
un prix fixe par page.
Ces deux modèles se sont dotés de codes d’«
éthique libérale » protégeant l’étudiant-client
:
- Les sites du premier modèle interdisent le libre accès
à leur base de documents. Un professeur qui souhaite contrôler
l’authenticité d’un mémoire soumis à
son évaluation ne peut pas appliquer son logiciel
de détection à l’ensemble des documents mis en
vente.
- Les sites du second modèle économique offrent la garantie
que les documents vendus ne comportent pas de copié-collé
d’Internet. L’acheteur ne risque pas ainsi s’être
accusé de triche ayant bien obtenu, puis fourni à son correcteur,
un document original.
Devrons-nous revoir nos définitions de l’«
éthique
» ?
Au plan sociologique, je suis également perplexe et,
pour partager avec vous mes interrogations, j’ai sélectionné
deux lettres parmi celles reçues d’étudiants et de responsables
en entreprise :
- La première
lettre ouverte émane d’une étudiante qui réclame
les mêmes exigences d’intégrité des professeurs
et chercheurs que celles que nous exigeons de nos étudiants. Cette
demande faisant écho aux préoccupations de nombreux collègues,
nous vous proposons de prendre connaissance de directives
d’intégrité qui peuvent servir de base de réflexion
à ce sujet.
- La seconde
lettre ouverte émane d’ingénieurs, responsables en
entreprise, qui ont vécu la douloureuse expérience du pillage
de leurs idées par un stagiaire écrivant son mémoire
de fin d’études. Leur lettre décrit l’indifférence
de l’établissement universitaire partenaire. Cette situation
étant banalisée, nous avons pensé utile de soumettre
ce témoignage d’entreprise à votre réflexion.
Je conclus en relayant le souhait de collègues tunisiens
de trois établissements distincts qui aimeraient que nous organisions
un « workshop »sur le thème du plagiat via Internet, afin
d’échanger points de vues, directives organisationnelles et ministérielles.
N’hésitez pas à exprimer vos idées à propos
d’une telle rencontre.
En attendant, et comme vous êtes un certain nombre
à me demander de participer à des débats sur le sujet
du plagiat, j’ai placé ici mes diapositives PowerPoint de conférence
« Fraude sur Internet : une mutation de notre société
de connaissance. Etat des lieux et axes d’action ». Ainsi,
ceux d’entre vous qui veulent les utiliser pour animer un débat
dans leurs établissements le peuvent librement.
A bientôt, donc, le plaisir de vous lire.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'OVSM- Faculté des SES
Université de Genève
P.S. Si vous souhaitez vous désinscrire de cette lettre
il vous suffit de nous adresser un mail.
Lettre 12 : 04.05.2006
Lettre 12
04.05.2006
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Une fois n’est pas coutume, et je commencerai par remercier
les journalistes de la presse écrite, TV et radio qui ont fait un beau
travail en portant le débat qui nous tient à cœur sur la
place publique. Le
Figaro, La Croix, Le Nouvel Observateur, Le Télégramme de
Morlaix, etc., mais aussi Arte, France Inter, NRJ Léman, etc., ont relayé
avec discernement nos messages suite au communiqué de l’Agence
France Presse (AFP).
Notre site collectif (Responsable.unige.ch)
est maintenant bien référencé.
Nous savons que la volonté de réfléchir
ensemble et de chercher des solutions pragmatiques au problème du plagiat
par Internet étaient vifs. Toutefois, ce n’est que lorsqu’un
nombre suffisant de personnes est concerné par un problème de
société, que l’action débute véritablement.
Or, le débat évolue et l’on parle maintenant
de mutation culturelle. Effectivement, il est à craindre qu’un
fossé profond se creuse entre nos étudiants. Les plus intelligents
et culturellement favorisés saisissent les fantastiques opportunités
d’Internet en matière de sources de références et
d’idées. À eux l’expansion conceptuelle. D’autres
étudiants, moins favorisés culturellement, égarés
dans une société qui réclame rapidité et performance,
et manquant parfois de courage, risquent de devenir des drogués du réflexe
copié-collé.
Heureusement, certains gouvernements ont déjà
compris qu’il fallait agir en amont. Ainsi à Québec, en
2005, à la demande de la Commission
de l'éthique, de la science et de la technologie (CEST), des étudiants
de cinq CEGEP (i.e. Collège en Suisse et Lycée en France) ont
travaillé avec leurs enseignants dans le domaine de la philosophie/éthique
sur le thème du "plagiat à l'ère électronique".
Un document
synthèse présentant les recommandations du groupe de travail
est disponible.
Une précision de procédure pour conclure. Des
collègues, des étudiants souhaitent témoigner de manière
non anonyme de leurs expériences. Nous avons donc créé
deux nouvelles rubriques : Lettres
ouvertes et Rapport
d'expériences. Quant à vos articles académiques publiés
sur notre thématique, ils trouvent place dans la rubrique Recherche.
Il vous suffit de m’indiquer, lorsque vous me communiquez vos documents,
si vous souhaitez les placer dans l’une ou l’autre de ces deux rubriques.
A bientôt, donc, le plaisir de vous lire.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire VSM- Faculté des SES
Université de Genève
n.b. Si vous ne souhaitez plus recevoir mes lettres concernant
ce thème de "Internet, fraude et déontologie", il vous
suffit de me l'indiquer par mail
Lettre 11 : 19.01.2006
Lettre 11 19.01.2006
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Permettez-moi d’abord de vous remercier encore de vos contributions à
notre travail sur la fraude sur Internet au cours de ce premier semestre. Notre
site (responsable.unige.ch)
s’est enrichi de nouvelles rubriques que je vous laisse découvrir.
Une université a choisi de communiquer ouvertement sur
ce problème de plagiat qui nous préoccupe. Dans un espace dédié
de leur site officiel, il est proposé aux étudiants de comprendre
ce qu’est le plagiat, de connaître les sanctions appliquées,
mais aussi de remplir un quiz assez ludique en ligne. A découvrir :
Notre enquête de terrain réalisée auprès
d’étudiants (sept nationalités, huit types d’études,
3 niveaux de diplômes) depuis dix-huit mois pour comprendre ce phénomène
est achevée. Si vous croyez pas encore que ce problème de plagiat
est urgent et important, je vous engage vivement à lire ces témoignages.
J’ai laissé la plus grande place aux verbatims
que je me suis contentée de structurer. N’hésitez pas à
imprimer le document et à le diffuser autour de vous.
Les étudiants ayant participé à l'enquête
de terrain se sont montrés très critiques et véritablement
pessimistes à l'égard de notre société en ce début
de XXIe siècle. Beaucoup excusent ainsi leur comportement de tricheurs.
Nous leur proposons une réponse ; imparfaite certainement, partielle
sûrement. J’espère que vous avez également des réponses
à leur proposer dans vos spécialités respectives :
Pour conclure, et parce que l’écoute des étudiants
nous le suggère :
Tous mes
voeux de clairvoyance et de simplicité pour cette année 2006.
Puisque la valeur d’une femme ou d’un homme se mesure à l
’aune de son aptitude à se remettre en question, et non à
celle de son pouvoir.
Je conjugue
pour vous le futur aux voeux de cet adage.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire VSM- Faculté des SES
Université de Genève
haut
Lettre 10: 22.07.2005
Lettre 10
22.07.2005
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
En cette fin d'année, voici quelques nouvelles de l’état
d’avancement de nos travaux.
Permettez-moi d’abord de vous remercier pour la richesse de vos contributions
à notre travail sur la fraude sur Internet au cours de ce premier semestre.
Notre site (responsable.unige.ch)
s’est enrichi de nouvelles rubriques.
Notre groupe de travail international (Canada, France, Suisse) s’est
réuni en mars dernier. Les conclusions de son premier rapport d’étape
vous seront communiquées en octobre.
Parallèlement, notre enquête de terrain réalisée
auprès d’étudiants pour comprendre, puis définir,
ce phénomène est en voie d’achèvement. Nous vous
communiquerons les premières conclusions à la rentrée.
Une première université a pris le taureau par les cornes et a
procédé à mise en place d’une véritable stratégie
intégrée. A découvrir :
De nombreux journalistes, en Suisse, ont pris le relais pour essayer de convaincre
de la nécessité d’appréhender le problème.
A regarder, lire et écouter :
Certains collègues, philosophes réputés, constatent la
difficulté qu’ils ont à souligner leurs valeurs face à
de prestigieux collègues qui prônent le relativisme éthique
au nom de la liberté. Je leur conseille d’inscrire leurs pairs
si « post-modernes » sur notre page d’humour :
Quant aux dirigeants du monde économique qui ne réagissent pas
encore (le journal Le
Figaro Etudiants continue son alliance avec pickdoc.com),
nous leur dédions cette dernière pensée issue des entretiens
de notre recherche de terrain. Puissent-ils également se sentir un peu
responsables des perspectives de nos étudiants :
« Bien sûr que non, je ne suis pas un grand tricheur. Je
triche, mais je suis très modeste. Si j'étais un grand tricheur,
je ne serais pas en train de faire des études, mais je serais dirigeant
d'entreprise et je gagnerais beaucoup d'argent à faire travailler les
autres et à procurer des parachutes dorés à mes copains
» (Étudiant 16).
Je vous souhaite de très belles vacances et vous dis à bientôt.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire VSM- Faculté des SES
Université de Genève
haut
Lettre 9 : 24.01.2005
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Tout d'abord, permettez-moi de vous présenter tous mes vœux de
franche créativité pour cette année 2005.
Nous la commencerions beaucoup mieux, cette année, si les responsables
de l’Université de la Sorbonne pouvaient nous donner une explication
quant aux raisons de leur récente décision.
Certes, il va devenir très difficile d’oser affirmer nos valeurs
académiques lorsque un journal sérieux accueille un site proposant
aux étudiants d’acheter des mémoires. Il est vrai que ce
journal gagne de l’argent en hébergeant ce site partenaire, ce
qui n’est pas précisé.
Egalement hébergé, mais gratuitement par l’Université
de Poitiers (France), cet acte de foi et d’incitation à la triche.
Cependant, nous progressons, lentement mais sûrement, et ce quelle que
soit la définition que nous adoptons de la relation entre nos valeurs
universitaires et nos normes explicites.
L’Université de Lausanne, par exemple, a choisi récemment
de préciser ses valeurs dans le cadre de sa charte : http://www.unil.ch/central/page15078.html
Nous poursuivrons notre recherche par la réunion le 3 mars 2005, à
Genève, d’un groupe de travail international. Il abordera la question
de la relation valeurs/normes dans le contexte de la révolution Internet
selon des éclairages épistémologiques complémentaires
(structuralisme, culturalisme, fonctionnalisme, phénoménologie,
etc.).
Pour réussir la mission que nous nous sommes fixée, nous recherchons
activement des raisons de fraude que vous auriez pu recueillir auprès
d’étudiants pris en délit de plagiat sur Internet.
Merci de me les faire parvenir, si vous en avez, et de transmettre cette lettre
à ceux de vos collègues qui pourraient nous faire part de leur
expérience.
Bien sûr, vous serez tout à fait informés de nos travaux
et directement associés à leur poursuite, si vous le souhaitez.
Pour conclure : encore merci à ceux qui ont contribué ce dernier
mois au site (http://responsable.unige.ch).
Bon courage pour le temps que vous passez maintenant à expliquer aux
étudiants les règles académiques et à contrôler
le plagiat.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire VSM- Faculté des SES
Université de Genève
haut
Lettre 8 : 08.11.2004
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Vous êtes de plus en plus nombreux à nous rejoindre sur le site
(http://responsable.unige.ch).
Cela m’oblige, pour la première fois, à ne pas reproduire
tous vos témoignages et à effectuer des sélections. J’en
suis désolée. Cependant, je tâche de répondre à
chacun personnellement.
Il faut dire que notre travail commun est de plus en plus référencé
et des articles lui sont consacrés (ex. http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2004/20041007triche.php).
1/ Parmi les témoignages reçus ce mois, deux lettres ont retenu
mon attention. Hommages rendus à Jacques Derrida ? Il s’agit de
lectures de notre système écrites dans ses marges. Je n’ai
pas tenté l’exercice de la réponse, vous laissant le plaisir
de le faire :
- La première est celle d’un étudiant de doctorat, un
étranger, qui nous parle de traditions historiques.
- La seconde est celle d’un responsable d’entreprise, qui a une
perspective très pragmatique sur notre futur en marche.
Vos réponses nous aideront dans notre progression intellectuelle et
comportementale. Pour faire l’exercice, « cliquez » sur les
liens :
Lettre
d’un doctorant ou Lettre
du praticien
2/ Bonne nouvelle : grâce au soutien de l’Université de Genève,
un groupe de travail international s’est mis en place et va bientôt
se réunir (à Genève). L’objectif est de réfléchir
à une charte internationale. Bien entendu, dès que nous serons
en mesure de vous faire valider des articles de la dite charte, nous ne manquerons
pas de faire appel à vous.
En attendant, merci de continuer à nous faire bénéficier
de vos « aventures » personnelles, souvent stupéfiantes.
Bon courage pour le temps que vous passez à expliquer aux étudiants
les règles académiques en matière d'emprunts, à
contrôler et à sanctionner le plagiat.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
Université de Genève
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Lettre 7 : 14.09.2004
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
En ce mois de rentrée pour la plupart d’entre nous, je vous
propose un exercice assez simple, en apparence du moins.
1) Parmi les lettres parfois inquiètes, quelquefois
injurieuses, souvent reconnaissantes que je reçois des étudiants,
depuis que le site (http//responsable.unige.ch)
est ouvert à tous, il en est qui méritent une lecture attentive.
En voici une qui était dûment signée, et à laquelle
j’ai répondu très vite et instinctivement. Ma question
pour la rentrée est la suivante : et vous, qu’auriez-vous répondu
?
(Vous pouvez bien entendu transmettre la lettre à vos étudiants
pour leur demander ce qu’ils répondraient s’ils étaient
des professeurs…)
2) Par ailleurs, je remercie vivement nos collègues
qui ont profité de l’été pour faire à leur
tour des recherches sur le sujet.
- Il semblerait que, selon des enquêtes américaines, entre
50 et 75 % des étudiants déclarent avoir copié sur
Internet durant leurs études.
- Les nouveaux liens sur l’intégrité
académique, tout comme ceux des services
de conseils sur le plagiat sont des formes de réponse institutionalisées.
A chacun de se forger une opinion sur leur impact effectif.
- Enfin pour les chercheurs, une étude sur le thème de "La
relation à l’espace virtuel et la levée d'interdits"
est proposé par un collègue. N’hésitez pas à
vous joindre à lui sur l’espace « Recherche
» du site.
Bonne lecture et bonne rentrée
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
Université de Genève
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Lettre 6 : mardi 20.07.2004
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Voici quelques mois nous avons entamé un travail commun (http://responsable.unige.ch)
afin de répondre à la question Pourquoi le phénomène
de plagiat des étudiants de niveau universitaire sur Internet se développe
et comment s’opposer à cette tendance sociétale lourde
?
Au fil des semaines, les témoignages de collègues provenant
d’une cinquantaine d’établissements ont montré que
le phénomène est commun à tous les établissements
et à tous les domaines.
Les dernières propositions reçues se situent de plus en plus
dans la seconde partie du dossier « La structuration d’une démarche
collective ». J’y perçois trois axes d’interrogations
aujourd’hui :
- Question de morale : les outils de détection et
de sanction de la fraude ne s’adaptent pas à son évolution.
En l’absence relative de propositions institutionnelles, rester fidèle
à notre esprit d’éducation relève presque exclusivement
de la morale personnelle de l’étudiant.
=> Si vous n’êtes pas en position
de vous impliquer directement et de faire bouger le système,
merci d’envoyer ma
lettre N° 5 à vos étudiants. Dites-leur de me
répondre, ou de vous répondre. Leur témoignage
peut collectivement nous aider.
- Question d’éthique : Il semble bien que
ce problème du plagiat repose, en grande partie, sur une certaine
dérive du système académique soumis à des pressions
et/ou à un manque de moyens économiques.
J’ai rendez-vous avec un
groupe de dirigeants de la Société Générale
de Surveillance (SGS) pour étudier ce que cette entreprise pourrait
nous proposer comme chartes adaptées au système universitaire.
=> Si vous êtes en position de chefs
d’établissements ou de responsables de services, merci
de m’indiquer ce que vous souhaiteriez voir figurer dans ce type
de charte.
- Question de responsabilité : Au fil de l’analyse
il apparaît qu’un grand nombre d’étudiants ne comprend
simplement pas la finalité de leur formation et des modes d’évaluation
de celle-ci. Il suffit de lire leurs
témoignages pour s’en convaincre.
=> Si vous avez des idées pour expliquer
le but des travaux que nous demandons, alors que notre métier
de créateurs et diffuseurs de connaissance subit sa plus grande
révolution depuis l’invention de l’imprimerie, merci
de nous les faire partager.
-------- ---------- --------
Bonne lecture et passez un très bel été.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
Université de Genève
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Lettre 5 : mercredi 23.06.2004
Aux étudiants de Licence, Maîtrise et DEA
Chers étudiants,
J'ai besoin de vous.
Comme vous le savez, chaque année de nombreux étudiants se
font "prendre" parce qu'ils ont copié la totalité
ou des parties de leurs travaux (travaux de cours, papers, mémoires)
sur Internet. Ceux-ci risquent l'exclusion de l'université.
Vous avez certainement connu des étudiants qui ont ainsi triché
et qui vous ont expliqué leurs motivations et leurs attitudes à
l'égard de ce type de plagiat sur Internet.
Je voudrais comprendre le sujet en termes de "besoins-motivations-attitudes
et comportement d'étudiants", et non pas l'expliquer seulement
en terme de "bien vs. mal" ou de sanctions.
Pouvez-vous m'écrire juste pour me dire : « je connais un étudiant
qui a copié son travail sur Internet parce qu'il dit que... ».
- Surtout n'indiquez pas son nom qui ne me servirait à rien !
- Le champ de l'étude se limite à la triche basée
sur Internet.
- Je vous garantis, bien entendu, la plus totale confidentialité
; et vous me connaissez assez pour savoir l'importance que j'attache à
la confiance réciproque.
Merci de votre aide et bonne chance pour vos examens, s'il vous en reste,
et bonnes vacances, s'il ne vous en reste pas.
Amicalement
Prof. Michelle Bergadaà
Michelle.Bergadaa@hec.unige.ch
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
Université de Genève
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Lettre 4 : lundi 31.05.2004
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Voici quelques mois nous avons entamé un travail commun afin de répondre
à la question : "Pourquoi le phénomène de
plagiat des étudiants de niveau universitaire sur Internet se développe
et comment s'opposer à cette tendance sociétale lourde ?"
Au fil des semaines, les témoignages de collègues provenant
d'une cinquantaine d'établissements illustrent que le virus semble
toucher tous les établissements et tous les domaines.
Pour faciliter vos analyses de ces témoignages, notre site (http://responsable.unige.ch)
a été amélioré : les nouveaux témoignages
sont inscrits en bleu, le document peut être imprimé, des liens
directs sont créés, vos commentaires sont pris en compte de
manière à garantir la confidentialité souhaitée,
etc.
La tendance de vos témoignages ces dernières semaines est la
suivante:
Question de morale : beaucoup d'entre vous se plaignent
du plagiat émanant de... certains de leurs pairs.
L'avantage d'Internet est que la communication devient dissuasive : les
fraudeurs peuvent maintenant craindre que n'importe quel collègue
ou étudiant ne divulgue, un jour ou l'autre, leur comportement indélicat
avec un effet dévastateur (cf. certaines photos et témoignages
d'Irak).
Merci d'accepter que je ne répercute pas les plaintes de cette
nature sur notre site.
Question de déontologie : très peu d'entre
vous choisissent d'inclure leurs étudiants gradués et assistants
dans la réflexion sur le phénomène et dans leur recherche
de solutions. Pourquoi ?
Quand bien même nous arriverions à définir des codes
de déontologie, ils ne seraient jamais que des barrières corporatistes
si nous ne travaillons pas avec nos collaborateurs étudiants.
Merci aux doctorants qui, spontanément, nous expliquent ici avec
courage les risques auxquels ils sont confrontés en matière
de glissement vers le plagiat.
Question d'éthique : Une grande majorité
de collègues indiquent que leurs administrations mettent en place des
logiciels de détection des plagiats. C'est un premier pas.
Il semble qu'un seul établissement (HEC Montréal/Canada)
ait véritablement attaqué le problème par plusieurs
fronts : campagnes de sensibilisation et d'affichage dans l'établissement,
communiqués de presse, mise en place d'un groupe de réflexion,
contrats lus et acceptés par les étudiants, etc..
Merci aux chefs d'établissements qui ont compris qu'il s'agit un
problème collectif, et que leurs enseignants et leurs étudiants
en souffrent. Ceux-là ne considèrent plus le plagiat comme
une maladie honteuse risquant de nuire à leur réputation s'ils
l'abordent publiquement.
Question de responsabilité : merci à tous ceux qui
voudront encore chercher, apporter des idées et proposer des solutions
pour faire avancer ce débat qui reste encore totalement situé
dans un contexte de découverte.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Bonne lecture et à bientôt.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
Université de Genève
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Lettre 3: 30.04.2004
Lettre 3
30.04.2004
Chers collègues,
Il y a un mois, j’écrivais un mail pour demander
à des collègues de diverses universités de bien vouloir
m’aider à comprendre le contexte de fraude sur Internet de plus
en plus prégnant dans les travaux, mémoires et thèses de
nos étudiants.
En effet, après un contrôle systématique,
nous avions dû exclure de notre Faculté, cinq étudiants
de notre programme de DEA qui avaient intégralement « copié-collé » leur travail théorique sur des mémoires trouvés
sur Internet.
Des acteurs de tous les niveaux se sont sentis concernés
par mon message, de l’enseignant aux directeurs d’établissements,
de Suisse, mais aussi d’Australie, de Belgique, du Canada, de France,
etc.
Le très grand nombre de témoignages (plus de
100) et la complexité du phénomène, m’ont conduite
à induire de ces réponses un texte présentant deux modèles
complémentaires. Le premier relève d’une méthode
inspirée des approches systémiques et interactionnistes, et le
second s’inscrit davantage dans une méthode de « bricolage
structuraliste ». Ils ordonnent ainsi les réponses déjà
reçues.
Je vous serais bien reconnaissante de bien vouloir m’aider,
avec vos expériences multidisciplinaires, à éclaircir ce
phénomène.
A cet effet, je vous invite donc à consulter le site
dédié en « cliquant » sur le lien suivant : http://mkg.unige.ch/e-fraude
Avec mes remerciements et mes meilleurs messages,
Michelle Bergadaà
Professeur HEC Faculté des SES
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
Université de Genève
Avec mes remerciements et mes meilleurs messages,
Michelle Bergadaà
Professeur de la Faculté des SES
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
Université de Genève
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Lettre 2 : 05.04.2004
Lettre 2 05.04.2004
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Merci à tous ceux qui ont répondu à mon message du 30 mars
dernier, qu'ils l'aient reçu en direct ou par « forward ».
J'ai répondu à chacun personnellement.
Vous avez été plus de 80 en six jours, et avez
rédigé plus de 60 pages.
Ainsi, je n'ai pas le choix : je vais effecteur une analyse
de contenu de vos contributions et vous la soumettre. En effet, chacun apporte
des idées assez fortes :
• sur l'origine du problème (social, personnel,
politique,...),
• sur la manière dont son organisation responsabilise/ferme les
yeux (différence entre universités et Grandes Ecoles en France),
• sur nos efforts et solutions individuels (nos astuces, nos façons
d'agir,...),
• sur nos états d'âme (solitude, peur, sentiment d'inutilité,...),
• sur certaines chartes en cours (surtout Canada, Belgique),
• sur notre manière d'apprendre à lire des sources (historiens,
géographes, linguistes,...).
• sur les différences culturelles en matière de copie
d'originaux (Asie vs. Europe, vs. Canada), - etc.
Mes assistants, ont décidé de contribuer au débat en créant
une page dédiée Internet pour placer vos témoignages, les
liens sur des chartes de bonne conduite d'origine diverses.
Je reste persuadée - suis-je naïve? - que l'on
est plus intelligent à plusieurs que seul...
... certes ; mais c'est plus fatigant d'être plusieurs
que seul.
A bientôt et encore merci.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
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Lettre 1 : 31.03.2004
Lettre 1
31.03.2004
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Un point me préoccupe ; j'ai besoin de votre aide.
Il concerne la facilité déconcertante avec laquelle
nombre de nos étudiants glissent imperceptiblement de l'emprunt d'idées
sur Internet, au plagiat, puis à la fraude.
5 étudiants sur 35 de notre DEA viennent d'être
exclus de la Faculté et certainement de l'Université. Parce que,
avec deux collègues, nous avons décidé de contrôler
tous les mémoires rendus. Les cinq avaient emprunté plus de 95%
de leur texte à des mémoires mis en ligne.
Réactions sur le vif :
- Trois collègues d'autres Facultés sont venus
me dire qu'ils n'avaient
pas le courage de contrôler les travaux de leurs étudiants : par
crainte de découvrir effectivement des fraudes, par peur de devenir des
"accusateurs publics", par crainte de la réaction de ces fraudeurs.
- Deux de nos assistants doctorants ont été très affectés
au plan de l'émotion et physiquement malades de découvrir soudain,
et concrètement, la réalité de ces fraudes.
- Trois des fraudeurs sont venus m'avouer leur incapacité absolue à
se sentir responsables alors que durant des années nous les avions encouragés
(sic) à être débrouillards, me dire leur tristesse d'être
abandonnés du système, me demander si je ne les ne méprisais
pas.
" " " " " " " " "
" " " " " " " " "
Internet : un fabuleux espoir pour la connaissance et un immense
risque de souffrance.
J'assume.
Je suis responsable d'avoir laissé mes étudiants jouer au «
Lego » de la connaissance sur Internet sans guides moraux et spirituels.
Que deviendront-t-ils dans la vie active ? Des joueurs de "Enron"
et de "Parmalat"?
Je rêve qu'ensemble nous développions et appliquions des normes
de déontologie en matière de réalisation et rédaction
d'articles et de mémoires. Une déontologie réaliste, claire
et acceptée de tous ceux qui ont Internet pour compagnon quotidien.
Alors, peut-être nos étudiants deviendront-ils des « honnêtes
Hommes » du XXIème siècle, c'est-à-dire des hommes
et des femmes éclectiques, cultivés et authentiques.
J'ai dit déontologie. Origine grecque: deon et logos, soit le devoir
et
le discours ; la déontologie ne s'impose pas, elle se discute.
Donc, si vous avez des idées, des processus déjà
développés, des réflexions formalisées, merci de
me les faire parvenir. Cela m'aidera grandement.
J'ai l'intention de faire mon devoir.
Si vous connaissez des collègues qui travaillent sur
cette problématique, merci de leur transmettre ce mail.
Bien amicalement
Michelle Bergadaà
Professeur
Directrice de l'Observatoire de Vente et Stratégies du Marketing (OVSM)
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