Vers un principe directeur commun


Proposition de

Noël Mallette
Professeur titulaire
UQAM-ÉSG-DORH
Québec - Canada


Face au problème grandissant de plagiat dans des mémoires et des thèses, donc de fraude au diplôme avérée, un principe directeur et une procédure de mise en application du principe pourraient être adoptés par tous les établissements universitaires.

[1] Le principe est à l'effet qu'il appartient à l'institution qui accrédite un étudiant postulant d'un diplôme de s'assurer de la pertinence et de la légalité de l'accréditation. Il revient donc au directeur et au comité de thèse ou de mémoire de l'institution de s'assurer du respect par le postulant des règles éthiques et des lois régissant la propriété intellectuelle. Le directeur et le comité sont alors les mandataires temporaires de l'institution et il leur appartient, à titre de spécialistes d'une science ou d'un champ d'étude, de s'assurer du respect, par le postulant, du droit de propriété intellectuelle. Une fois le travail du comité complété par l'octroi du diplôme, l'institution conserve cette l'obligation et elle doit se donner les moyens de l'exécuter. Il en va, de toute façon, de sa crédibilité et de sa réputation.

[2] Cette obligation devrait être imprescriptible quant à la sanction à prendre par l'institution informée d'une accusation de violation du droit de propriété intellectuelle; seule la mort de l'accusé devrait mettre fin à l'enquête et à la requête de correction du dossier, le prévenu ne pouvant plus désormais offrir de défense en vertu de la règle de justice naturelle audi alteram partem.

[3] La procédure de mise en application du principe pourrait s'inspirer du droit criminel canadien.

[4] D'abord le droit d'enquête et de dépôt d'accusations appartient à l'État, en l'espèce à l'institution universitaire. C'est donc à elle d'enclencher la procédure de mise en accusation, sans dénonciation extérieure ou qui la fait sienne en cas de dénonciation. La procédure appartient à l'institution et elle n'a pas à attendre la plainte de la victime.

[5] La dénonciation n'est donc pas celle de la victime mais elle est celle de l'institution, dans le respect des règles d'équité procédurale et de justice naturelle, et c'est à elle qu'il appartient de défendre sa réputation qui souffrira immanquablement de son inaction en semblable matière.

[6] De plus, toute personne (n'importe où dans le monde) peut amener à la connaissance d'une institution un dossier de plagiat potentiel et l'institution fait enquête et décide, au besoin sur dossier et selon les explications de l'accusé, de retirer à un étudiant (n'importe où à travers le monde), son diplôme acquis frauduleusement. Il pourrait suffire d'afficher sur le site Web de l'institution, dans le respect de la législation nationale, les cas avérés de plagiat. L'aveu du prévenu et ses excuses pourrait justifier le retrait de son nom du site Web de l'institution.

[7] La dénonciation n'est donc pas celle de la victime mais elle est celle de l'institution, dans le respect des règles d'équité procédurale et de justice naturelle, et c'est à elle qu'il appartient de défendre sa réputation qui souffrira immanquablement de son inaction en semblable matière.

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